La séance d’appropriation des notions de la leçon

Contexte :

Avec mon fonctionnement en plan de travail, il n’y a pas de rédaction des bilans qui serviront de leçon au fil des activités (car elles peuvent être faites dans des ordres différents, au choix des élèves). Aussi, je consacre toute la dernière séance de la séquence pour faire le bilan de ce qui sera à retenir et de favoriser l’appropriation des notions tout autant que la capacité de mes élèves à rédiger. 

Lors de l’accompagnement de mon établissement par D.Bucheton, j’ai choisi de lui proposer des captations vidéo sur cette séance justement. J’avais en effet déjà beaucoup réfléchi de mon côté et avais identifié des leviers et freins (à retrouver dans cet article). J’ai notamment évoqué le complexité au moment de la mise en commun concernant l’attention des élèves et leur mise en activité cognitive sur toute la séance…

Un écrit du savoir à donner...

Ce qui m’a permis d’avancer vraiment dans ma pratique a été ce qu’elle m’a annoncé : il est possible de fournir une trace écrite par l’enseignant.e. Les élèves ne sont pas obligé.es d’avoir participé à la rédaction de ce support qui servira à réviser… Si et seulement si, ils et elles ont au préalable « brassé les notions » à l’oral et/ou à l’écrit. Suffisamment pour s’en être impérégné.es, suffisamment pour les avoir comprises. A partir de là, tout a été plus simple pour moi … et les écueils rencontrés dans les version 1 à 3 de mon fonctionnement ont été résolus.

Un challenge d'écriture individuelle

On déplore souvent le fait que nos élèves écrivent peu (et mal) mais que fait-on concrètement dans nos disciplines pour prendre notre part dans la construction de ces apprentissages rédactionnels ? Voilà ce qui m’avait engagée dans ce travail de rédaction de la leçon. Et comme je suis une adepte des pédagogies actives et ludiques, j’ai imaginé un petit défi pour mes élèves : écrire de plus en plus au fil des chapitres. Chacun.e progresse à son rythme et essaie de se dépasser. J’ai d’ailleurs eu le plaisir en début d’année d’avoir le témoignage de mes 5e, qui ont raconté comment ils et elles avaient progressé entre le premier chapitre (2 ou 3 lignes rédigées) et le dernier (15 à 20 lignes). J’ai vu leur fierté au moment de partager cela, cela m’a touchée.  

Un corpus de mot-clé

Nous commençons par identifier 10/15 mots-clé. On reprend les activités du chapitre et on essaye oralement et tous ensemble (parfois avec un temps de réflexion individuelle avant), de lister les mots essentiels de la leçon qui sera à rédiger. Ces mots sont affichés au tableau au fur et à mesure que les élèves les proposent. Parfois, on en profite pour réexpliquer la notion, remettre en contexte, redonner du sens. 

Un temps d'écriture individuel

Ensuite, nous notons le titre de l’activité : « ce que j’ai retenu ». Puis, je déclenche un chrono pour 5 ou 10 min selon le moment de l’année, nous avançons progressivement, il serait difficile de commencer par 10 min. Pendant ce temps de rédaction, les élèves doivent utiliser les mots-clés pour  construire le plus de phrases possibles qui pourraient servir à expliquer les notions à quelqu’un qui n’était pas en classe avec nous. Pas raconter ce que nous avons fait, mais ce que nous devons en retenir. Je passe aider les élèves qui ont du mal à se lancer, je lis leurs productions pour corriger les grosses erreurs de compréhension, mais pas pour la syntaxe. Mon objectif pour l’an prochain sera de proposer à mes collègues de français de se servir de ces écrits pour les améliorer et les corriger. 

A la fin du temps imparti, nous notons soigneusement dans la marge le nombre de lignes rédigées et le temps consacré. C’est cela qui servira à comparer la fois suivante : on se remémorera avant de rédiger la quantité faite au chapitre précédent, avec comme objectif de faire mieux. 

Lectures croisées

Ensuite, nous prenons un temps pour lire les productions de certain.es élèves volontaires, plus ou moins en fonction du temps dont nous disposons encore. C’est l’occasion de réexpliquer les notions, de compléter suite à mon questionnement pour éclairer un aspect, préciser un autre…

Confronter avec mon écrit du savoir

Viens alors le temps de distribuer la leçon que j’ai moi-même rédigée. Cette leçon est accessible et scientifiquement correcte (ce qui ne l’était pas toujours quand je rédigeais en direct grâce aux retours des élèves). Nous prenons le temps de la lire ensemble (si j’ai besoin de temps pour finir de relire les productions des élèves, ce sont des volontaires qui font la lecture). Objectif pour les élèves : que tout ce qui est noté dans la leçon soit bien compris. Et après avoir passé quasiment 45 min à parler des notions évoquées, normalement, les élèves sont disposé.es à pouvoir questionner ce qui reste nébuleux. Il y a d’ailleurs des questions d’élèves, ce qui n’était pas le cas avant. 

Je propose alors aux élèves de relire leur écrit pour voir si ils ou elles identifient des zones imprécises, si ils et elles comprennent bien les erreurs que j’ai pointées. 

Une leçon claire et des outils pour réviser

L’avantage avec ce fonctionnement est que la leçon ainsi donnée est parfaitement adaptée aux révisions des élèves. Une fiche mémo l’accompagne, ainsi qu’un pad avec des jeux pour réviser et des flashcards, conformément aux préconisations des sciences cognitives. Les EBEP peuvent retrouver la leçon en version numérique dès la fin de la séance puisque celle-ci est ajoutée en amont dans Pronote. C’est une aide précieuse pour les parents qui veulent aider leur enfant et il n’y a pas d’erreur ou de parties manquantes dans la copie. 

Un commentaire

  1. Merci Ségolène pour ce partage précis.
    Ce que tu y proposes me semble très adapté aux besoins de nos élèves. J’apprécie particulièrement l’évolution de tes pratiques : puisque je lis régulièrement ton blog, je « vois » ton fonctionnement et comment tu le modifies.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *